DOSSIER: L’assistance médicale à la procréation
En France, près d’un couple sur six rencontre des difficultés pour faire un bébé. Infertilité, impuissance, pilule, désir d’enfant tardif… Les causes sont multiples. Pour y remédier, de plus en plus de couples se lancent dans un monde plutôt méconnu et qui effraie, celui de l’assistance médicale à la procréation. Explications.
La procréation médicale assistée (ou PMA), également appelée assistance médicale à la procréation (ou AMP), est un ensemble de pratiques cliniques et biologiques où la médecine intervient plus ou moins directement dans le processus de procréation afin de permettre à des couples infertiles d’avoir un enfant. En France, ces pratiques sont encadrées par la loi de bioéthique du 6 août 2004 et par l’article L.2141-1 du Code de la Santé Publique. Bien que la confusion soit courante, la PMA ne se réduit pas à la fécondation in vitro. D’autres méthodes peuvent être utilisées.
• La stimulation ovarienne
C’est la méthode la plus simple et souvent la première proposition faite à un couple, notamment dans les cas d’absence d’ovulation (anovulation) ou d’ovulations rares et/ou de qualité médiocre (dysovulation). Cette pratique consiste à augmenter la production de follicules matures par les ovaires afin d’obtenir une ovulation de qualité. Ce traitement est généralement quotidien et s’effectue par voie orale ou injectable, pendant une durée de 4 à 8 mois. Les dosages sont variables d’une femme à l’autre, et d’un cycle à l’autre chez une même femme. Au cours du traitement des examens tels qu’échographies et analyses hormonales sont nécessaires pour suivre les résultats et éventuellement réajuster les dosages pour éviter tout risque d’hyperstimulation (et donc d’effets secondaires indésirables).
• L’insémination artificielle
C’est la méthode la plus ancienne et c’est également la plus utilisée, notamment pour les problèmes d’infertilité masculine et de troubles de l’ovulation. Elle consiste à déposer du sperme, celui de votre compagnon ou éventuellement d’un donneur, le plus souvent directement dans l’utérus. Simple et indolore, cette pratique ne nécessite pas d’hospitalisation et peut-être répétée sur plusieurs cycles.
• La fécondation in vitro
Les fameux « bébés-éprouvettes » sont issus de la fécondation in vitro (FIV) ; une technique qui a plus ou moins choqué en son temps, mais qui est aujourd’hui largement rentré dans les mœurs. La FIV est notamment indiquée en cas de perturbation de l’ovulation, d’obstruction des trompes ou, chez l’homme, lorsque les spermatozoïdes mobiles sont en nombre insuffisant. La technique consiste à mettre en contact des ovules et des spermatozoïdes en dehors de l’organisme féminin, dans un milieu favorable à leur survie (en labo) en vue d’une fécondation. Trois jours après le prélèvement des
ovules, l’embryon ainsi obtenu est placé dans l’utérus de la future maman. L’avantage de cette technique est qu’elle permet de « sélectionner » les spermatozoïdes et les ovules de meilleure qualité (grâce à une préparation des spermatozoïdes et éventuellement une stimulation ovarienne), afin d’augmenter les chances de fécondation. Le taux de réussite est d’environ 25 %.
• L’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI)
Relativement récente, cette intervention peut-être indiquée lorsqu’on ne peut recourir à la fécondation in vitro et qu’un prélèvement dans le testicule est nécessaire pour avoir accès aux spermatozoïdes. La technique de base est identique à celle de la fécondation in vitro, à la différence qu’un seul spermatozoïde est directement introduit à l’intérieur de chaque ovule à l’aide d’une micropipette. Le taux de réussite est de 30 % environ.
Des risques réels
Lors d’une AMP, des incidents plus ou moins sévères peuvent survenir à chaque étape du processus de prise en charge.
Comme tout geste chirurgical, la ponction ovarienne peut entrainer des complications anesthésiques, hémorragiques ou infectieuses pouvant nécessiter un traitement, une hospitalisation, voire une opération, et avoir exceptionnellement des conséquences graves pour votre santé.
Bien sûr, les techniques utilisées sont élaborées et souvent très sûres. Mais malgré toutes les précautions prises par les praticiens, la possibilité d’une altération de la qualité du sperme, des ovocytes ou des embryons liée à une défaillance de matériel ne peut être totalement exclue.
Par ailleurs, les techniques de stimulation ovarienne entraînent fréquemment une réponse excessive du corps (on parle alors de syndrome d’hyperstimulation ovarienne) qui peut être à l’origine de symptômes plus ou moins graves.
Le plus souvent, cela se manifeste par une gêne et des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, une diarrhée ou une augmentation de la taille des ovaires. Une prise de poids brutale, une accumulation de liquide dans le péritoine (ascite) ou des troubles respiratoires peuvent également se manifester. Enfin, de manière plus exceptionnelle, l’hyperstimulation ovarienne peut avoir pour conséquence la formation de caillots sanguins.
Dans tous les cas, l’apparition de signes, même peu importants, impose une consultation en urgence pour évaluer la gravité et envisager une hospitalisation si nécessaire.
Une épreuve difficile pour le couple
Bien qu’il soit relativement fréquent dans nos sociétés modernes, le recours à une technique de procréation médicale assistée est toujours une épreuve difficile dans une vie de couple. Afin de bien surmonter ce parcours compliqué, qu’il y ait une enfant ou non à la clé, il faut échanger, se parler, dire ce que l’on ressent dans son corps et dans sa tête, même si c’est douloureux. Peu importe si cela soulève un conflit, il ne pourra que mieux se résoudre. L’homme a son mot à dire : montrer à sa compagne qu’il est à ses côtés, qu’ils mènent ce combat ensemble et qu’il est là pour la soutenir. Les femmes, elles, doivent aider leur compagnon à exprimer ses sentiments, en l’interrogeant ou en commençant par raconter ce qu’elles mêmes ressentent. Cette écoute, cet échange et ce désir commun pour lequel on se mobilise ensemble ne peuvent que rapprocher les deux partenaires.
PRATIQUE :
Pour plus d’informations sur cette question, consultez le centre AMP de La Réunion :
Clinique Jeanne-d’Arc – 3, rue Alsace-Lorraine – Le Port. Tél. : 02 62 42 88 88.
Centre AMP de la Guyane :
Centre Hospitalier André Rosemon, rue des Flamboyants- 97306 Cayenne
Consulter en ligne : www.lampmafemmeetmoi.fr





Un petit message de félicitations pour votre dossier sur l’assistance médicale à la procréation! Vous y expliquez bien les choses, et c’est important quand on débute dans ce parcours, car on est bien souvent perdus… Merci d’avoir cité mon livre-témoignage dans votre magazine (“Couple, bébé et AMP”, paru aux éditions Kirographaires), j’espère qu’il aidera les couples qui traversent cette épreuve.
Très bonne continuation!
Gaëlle