10 décembre 2011 ~ 0 Commentaire

ITW : Régine Lapassion

ITW : Régine Lapassion

Quand et comment avez-vous ressenti le désir d’enfant ?

J’ai un rapport très particulier avec les enfants. Je dis souvent que ce n’est pas mon « truc ». Nous avons donc décidé très tard d’en avoir un, d’autant plus que notre métier ne s’y prêtait pas trop ; nous sommes artistes tous les deux. Notre véritable raison était de voir ce que donnerait le fruit de nous deux. D’aucuns m’ont dit que c’était une raison valable !!! (Sourires)

Qu’est-ce que cette ou ces grossesses ont changé dans votre vie ?

Mes grossesses m’ont d’abord apporté à chaque fois 9 mois de nausées une grosse fatigue ; la première, une distension du grand droit !!! Je ne m’en remets toujours pas physiquement, quand bien même le moral reste au beau fixe.

Je suis devenue un peu moins insouciante, car il faut tout prévoir à l’avance. J’essaye d’avoir une organisation de fer, pour tout réaliser. Je suis un peu comme les éclaireurs, « toujours prête !!! » à lever l’ancre à la dernière minute s’il le fallait.

Etant donné qu’il faut transmettre, je suis obligée d’être au fait sur ce que j’enseigne. Il est hors de question de dire à mes enfants « faites ce que maman dit et non, ce que maman fait ».  J’ai du me discipliner dans certains domaines, afin d’être un exemple pour mes enfants, je pense notamment aux comportements compulsifs vis-à-vis des sucreries !!!!

Les enfants m’ont donné envie de changer de vie pour les voir grandir, profiter d’eux, et ce, sans contrainte. C’est avec plaisir que j’ai décidé de changer mon emploi du temps pour m’occuper d’eux. Je réfléchis beaucoup plus avant d’accepter de faire une prestation. Il m’arrive même de décider de ne pas aller voir de concerts parce que je n’ai pas envie de les faire ENCORE garder ; j’ai plutôt envie de rester avec eux, de les endormir moi-même.

Mes enfants m’apporte beaucoup de vie, et me permettent de rester jeune, et au goût du jour !!

Comment s’est déroulé l’accouchement ?

J’ai accouché par césarienne à chaque fois, car j’avais le bassin trop petit pour les gros bébés que je portais.

Pour mon premier enfant, j’ai été opérée deux fois à Paris. La première rachi pour enlever le bébé et le lendemain, la deuxième rachi pour enlever l’hématome au-dessus de la cicatrice ; mais avant, on m’a transfusé de deux culots de sang car j’en avais trop perdu la veille !!! Génial, non !!!! J’étais tellement fatiguée, je n’avais pas dormi pendant 9 mois à cause des nausées et de la gastrite, que je m’évanouissais à la première opération, on m’a donné un peu d’oxygène. Mais tout ceci était dans gravité. De plus, merveille, je n’ai pas eu mal après mes opérations, j’étais très active. Certains membres du personnel soignant pensaient qu’il s’agissait de mon deuxième enfant !!

Pour mon deuxième enfant ce fut plus simple à tous les niveaux !! Mais j’ai eu mal après que l’anesthésie eu finit de faire effet !!! Mama mia !!!! Malgré tout cela, j’étais plus sereine que la première fois. Et à la maternité de Cayenne, ils ont été extra, sauf le repas !!!

L’allaitement a-t-il été un moment privilégié avec vos enfants ?

Pour mon premier, ce fut difficile car j’ai eu 20 versions de ce qu’il fallait faire !! Je me rappelle même avoir été en larmes une fois. De plus, on m’a un peu obligée à avoir un allaitement mixte !! Quel dommage !! Car il s’est avéré très vite, que mon fils était allergique au lait de vache !!! Mais ça s’est quand même bien passé par la suite. J’ai essayé d’allaiter exclusivement pendant quelques semaines, puis de façon mixte pendant 5 mois et enfin à partir de 6 mois, j’ai donné le lait artificiel sans protéines de lait de vache.

Quand j’ai compris comment il fallait vraiment faire, j’ai décidé de ne pas rater mon allaitement au bébé suivant et de ne pas me laisser faire. A la maternité de Cayenne, ils encouragent vivement à allaiter et on vous aide. Et là ce fut une vraie réussite !! J’ai aimé être importante pour ce petit être, et voir son regard plongé dans le mien me remplissait de bonheur !!!!

Et le papa dans cette aventure, a-t-il trouvé sa place ?

Le papa a trouvé sa place à chaque fois. Il s’est toujours senti très concerné et s’est toujours beaucoup impliqué, de la conception à la naissance en passant par mon état physique assez désastreux. Pour mon premier, il me laissait me reposer jusqu’à au moins 11h et s’occupait du bébé. Je tirais mon lait pour lui permettre de nourrir notre fils en mon absence.

Au deuxième enfant c’était légèrement différent car j’ai allaité exclusivement pendant 6 à 7 mois. Dès que je pouvais j’allaitais au lieu de tirer le lait. Mais avec la reprise de mes activités, il m’a fallu tirer plus souvent mon lait. Quoi qu’il en soit, le père n’a jamais été mis de côté. Et quand il est seul avec nos deux enfants, il se débrouille parfaitement.

Vous êtes coach vocal et avez travaillé pour certains classiques de Disney, que ressortez-vous de cette expérience ?

J’ai travaillé chez Disney en tant que chanteuse et chef de chœur ; cela m’a beaucoup plu, car derrière cet univers dit merveilleux, il y a une machine très bien huilée et extrêmement exigeante. Même lorsqu’il s’agit de programme pour enfants, on ne laisse rien au hasard.

Mon travail de coach vocal s’est effectué à la Nouvelle Star. Le monde de la télé est encore plus strict que le spectacle vivant car tout est minuté. J’ai pu dans le cadre de cette émission exercer mes compétences multiples (chanteuse, chef de chœur, compositeur-arrangeur, professeur de chant, coach vocal).

D’une manière générale, c’est toujours enrichissant de travailler dans des milieux professionnels sérieux.

Avez-vous des projets en cours dans la même lignée ?

Pour le moment, je n’ai pas de projet de ce type car l’investissement est trop important et surtout cela me demanderait de rester en Métropole.

Je n’envisage pour l’instant que le travail du piano classique en vue d’un éventuel récital, et j’ai déjà pris du retard.

De plus j’aimerais ne plus traîner pour sortir un album avec mes compositions.

Votre école de musique s’est fait une place et un nom en Guyane, pouvez-vous nous dire quand commence l’éveil musical pour nos Tilous ?

L’IFDM (Institut de Formation aux Disciplines Musicales) propose depuis octobre 2011, de l’initiation musicale s’adressant aux enfants de 4 et 5 ans. Ils toucheront à plusieurs instruments, notamment le tambour, le piano, la guitare, la voix, et seront mieux à même de choisir la pratique d’un instrument à l’âge de 6 ans.

Avez-vous beaucoup chanté pendant votre grossesse ?

Oui, j’ai beaucoup chanté, je n’ai arrêté qu’à 8 mois environ. Dans mon sac il y avait la nausée et la fatigue, mais j’étais sur pied et j’ai continué toutes mes activités, les cours, les concerts, les soirées privées, même les sorties.

Vous êtes à l’affiche des 18 paroles d’Afoukal, parlez-nous de votre implication dans ce projet.

Patrick Moreau, le metteur en scène, m’a contactée pour chanter dans la pièce. Et au final je danse, je joue, je dis même quelques mots !! J’ai proposé quelques titres.

Je représente le bateau, le devenir. Je joue quelques autres rôles secondaires tout au long de la pièce.

Ce projet m’a demandé un investissement assez considérable tant physique que psychologique. Jusqu’au 26 novembre, le fameux emploi du temps donc je parlais ci-dessus est un peu mis de côté. Mais ce n’est que pour une courte période.

Je suis contente d’avoir accepté ce projet car il est important de se réaliser.

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