Accoucher comme je veux
En France, depuis le XVIIIe siècle, on accouche en position gynécologique. C’est-à-dire allongée sur le dos, les pieds relevés par des étriers.
Dans d’autres pays, on a toujours privilégié la liberté de bouger, considérant que les positions assise, debout ou accroupie sont plus confortables et surtout, facilitent la descente du bébé.
D’ailleurs, depuis peu, les professionnels français reconnaissent que notre manière de faire ne facilite en rien l’accouchement. Après un demi-siècle de médicalisation, voire de surmédicalisation, la naissance pourrait redevenir un événement naturel, plus humain en tout cas.
Certaines maternités prennent aujourd’hui le parti de laisser le choix aux femmes de donner naissance comme elles en ont envie, à l’aide, parfois, de sièges, trapèzes, ballons, baignoires… Assise, débout, sur le côté, dans l’eau…votre sage femme vous accompagne dans votre projet de naissance pour faire de ce moment, votre moment !!!
Un projet de naissance peut se diviser en 3 parties, correspondant aux 3 grandes étapes de l’accouchement:
• Le travail avant la naissance: Déambuler, se déplacer, marcher, profiter des bienfaits de l’eau sous forme de douche, de bain, rend la femme plus active mais surtout, cela diminue grandement les sensations douloureuses. Pour que cette liberté de mouvements soit possible, l’utilisation du monitoring (appareil enregistrant les battements cardiaques du bébé et les contractions utérines de la maman) ne devrait pas être constante et/ou ne pas obliger la maman à rester allongée.
Pour élaborer le projet de naissance, c’est un thème qui peut être discuté avec la maternité durant la grossesse: quelles sont leurs pratiques à ce sujet? D’autres sujets concernent cette phase de l’accouchement: les touchers vaginaux, la possibilité de grignoter ou de boire un peu, l’autonomie d’aller aux toilettes plutôt que d’être sondée, par exemple.
• L’accouchement: les sujets qui constituent cette phase sont l’anesthésie péridurale, les positions, l’épisiotomie, la césarienne, les forceps… Pour construire un projet de naissance, il est nécessaire d’aborder ces questions avec la maternité, en amont. Quelle technique d’anesthésie péridurale font-ils? (Déambulatoire ou non, autonome ou non, etc)? Laissent-ils une certaine liberté à la maman pour choisir la position qu’elle préfère au moment où le bébé nait? En cas de césarienne, où peut se tenir le papa? (à la tête de la maman? En salle de réveil?), peut-il avoir le bébé contre lui dès sa sortie du bloc opératoire?
• La naissance, la sortie du bébé: A cette phase, les sujets les plus fréquents qui viennent pour élaborer un projet de naissance, sont les soins donnés au bébé (peuvent-ils attendre un peu et/ou être faits sur la maman ou non?), la coupure du cordon (peut-elle attendre un peu on non?), le bébé peut-il téter avant ses soins ou non, la maman peut-elle garder le bébé contre elle avec seulement une couche et un bonnet et ne pas s’en séparer?
D’une manière générale, ce que l’on écrit dans un projet de naissance décrit les souhaits et désirs des futurs parents, dans la mesure où il n’y a pas d’impératif médical. Mais les futurs parents peuvent aussi exprimer leur souhait d’être bien informés, d’être tenus au courant de ce qui déclenche telle ou telle procédure médicale.
Dans notre département, nous n’avons pas toujours le choix et il faut se battre pour que ce merveilleux moment ne vous échappe pas. Que l’on accouche à l’hôpital ou à la clinique, avec telle ou telle sage femme, ou encore avec son gynécologue. Que l’on veuille une péridurale ou pas, que l’on désire choisir une position plutôt qu’une autre. Que l’on désire sortir son bébé soit même ou laisser faire l’équipe médicale, le garder contre son sein dès sa naissance…
C’est pourquoi il vous faut vous poser les bonnes questions dès les premiers mois de grossesse, et définir exactement comment vous souhaitez que l’accouchement se déroule dans la mesure du possible bien entendu. Il ne s’agit pas de mettre en danger votre vie, ni celle de votre bébé, mais juste profiter pleinement.




