Dossier: bienvenue à la maternité
Quelle maternité choisir?
Menons l’enquête …
Dès la première consultation de grossesse chez le médecin ou la sage-femme nous y avons droit : avez choisi où vous souhaitez accoucher ? Pas vraiment ? Les conseils fusent de tout les côtés et vous retrouvez souvent noyées : pas facile d’y voir clair. Que cela ne tienne, Tilou est là pour mener l’enquête pour vous !
On s’entend souvent dire qu’en Guyane, il n’y a pas beaucoup de choix.
L’hôpital de Cayenne reste le lieu incontournable, si notre grossesse présente des risques. Mais saviez vous que cela n’était pas systématique contrairement aux idées reçues ? Nous avons décidé de poser des questions à Nadia Détol, sage-femme libérale, pratiquant les accouchements à la clinique Véronique ainsi qu’à domicile.
TILOU : Quand faut il commencer à se poser la question concernant son lieu d’accouchement ?
Nadia Détol : Et bien dès le début de grossesse on doit commencer à réfléchir, à se renseigner, et à élaborer son projet de naissance. Le projet de naissance permet de parler de ses désirs autour de la naissance : le suivi de grossesse, la place du père, la gymnastique, la préparation à l’accouchement, et sa façon d’accoucher, l’allaitement. En fonction de ces choix, un lieu d’accouchement peut être imposé, il faut alors rencontrer l’équipe et en discuter.
Vous parler de façon d’accoucher, on en parle rarement ici. En Guyane a-t-on le choix sur sa façon d’accoucher ?
Il faut savoir que rien ne peut être imposé dès le départ. Vous avez le choix et surtout votre mot à dire.
C ‘est votre corps, votre grossesse et votre accouchement. Vous pouvez choisir d’accoucher sans péridurale. Vous avez la possibilité d’accoucher dans des différentes positions : assises, debout, à quatre pattes, sur le côté. C’est la femme qui sent son corps et qui sent le bébé. Si lors de la naissance de son bébé elle se sent à l’aise accroupie, elle doit pouvoir accoucher de cette façon.
C’est assez surprenant. L’hôpital permet il ce genre de pratique ?
A l’hôpital il n’est pas toujours pas possible de choisir sa façon d’accoucher. A l’hôpital la configuration n’est pas à la même. Je prépare des accouchements en clinique, mais aussi à la maison. On peut aujourd’hui faire le choix d’un accouchement plus intimiste et décider de rester dans son cocon et ainsi limiter la médicalisation. La charge de travail non plus. Il faudrait plus de sages-femmes pour accompagner ces futures mamans.
Dans son projet de naissance, il faut aussi penser à ces paramètres
Dans ce cas, quelles sont les conditions pour mettre en place ce type d’accouchement ?
Dès l’entretien du 4ème mois avec une sage-femme, les futures mamans peuvent se préparer
à accoucher à domicile. Il faut que ce soit une décision de couple car le rôle du père est indispensable. Il sera le relai essentiel pour effectuer certaines taches. Il faut aussi faire une visite du domicile pour être sur d’avoir à disposition de l’eau potable, de l’électricité par exemple.
Ce projet doit être discuté et la sage-femme donne un accord de principe ou un refus et propose éventuellement un autre lieu.
Est-ce dangereux de nos jours de revenir à un mode d’accouchement ancien-ancestral ?
On n’a jamais arrêté d’accoucher à domicile. Les idées faussent qui laissent entendre que l’on accouche à domicile uniquement dans les pays pauvres doivent rejetées. Les pays bas font 30% d’accouchement à domicile. On est dans l’hyper médicalisation de l’accouchement. On pense donc que si on n’est pas dans un centre de santé de niveau 3 des demandes peuvent être refusée. Je ne pratique pas d’accouchement pour des personnes qui refusent toute assistance médicale. On ne fait pas de magie, on est sur du médical et du physiologique. L’accouchement à domicile doit entrer dans un cadre, d’ailleurs cela n’est possible que si la grossesse est dite normale, pas de maladie associée, pas d’antécédent de césarienne, présentation de la tête et dans des dispositions optimales. Une fois le travail démarré tant que tout est physiologique on continue à la maison dès que je suspect un souci nous allons à la clinique. J ai mon matériel : perfusion, oxygène et matériel de réanimation. Mais au moindre problème nous retournons à la clinique.
Un conseil pour nos futures mamans ?
Vivez votre grossesse, vivez vos accouchements. Soyez actrices de votre accouchement, écoutez votre corps et votre bébé. Il faut vraiment établir un projet avec son conjoint pour lui donner sa place.
J’ai fais des accouchements où c’était le papa qui sortait son bébé, où une mère seule, sans mon intervention, aidait sa fille à naître. Ce sont des choses qui existent aussi chez nous. Il serait dommage de passer à coté.




