12 septembre 2009 ~ 0 Commentaire

La rééducation périnéale: une étape-clé après l’accouchement

La rééducation périnéale: une étape-clé après l’accouchement

Au cours de la grossesse et d’un accouchement par voie naturelle, le périnée est mis à l’épreuve. Quelques séances de rééducation vous permettront d’éviter des problèmes ultérieurs, dont les plus courants sont les fuites urinaires.

Le périnée est un ensemble de muscles, ligaments et membranes, formant une sorte de hamac, dont le rôle est de soutenir les organes du petit bassin (rectum, vagin, vessie). Pendant la grossesse et au cours de l’accouchement, les tissus qui le constituent sont distendus et ont parfois du mal à retrouver leur tonicité initiale. Ce phénomène est d’autant plus important en cas de prise de poids importante, si l’accouchement a été long, ou encore si plusieurs grossesses se sont succédé sans rééducation. Le relâchement de ces tissus se traduit parfois par des pertes involontaires d’urine au cours d’un effort, d’une toux, d’un éternuement, d’un rire ou d’une émotion, car la femme ne maîtrise plus correctement le muscle (sphincter) qui contrôle la vidange de sa vessie. Au niveau du vagin, ce phénomène de relâchement musculaire peut altérer la qualité des rapports sexuels, et dans les cas les plus graves aboutir à un prolapsus, c’est-à-dire un abaissement des organes qui ne sont plus correctement maintenus. Il est notable que ces effets peuvent survenir de nombreuses années après la fin des grossesses, lorsque les effets de l’age sur les tissus musculaires s’ajoutent à la distension ancienne liée à la maternité.

Il faut apprendre à contrôler son périnée.

Mais il ne faut pas attendre de connaître ces problèmes pour intervenir. D’où l’importance d’une rééducation préventive. La femme doit pour cela prendre conscience de son périnée et apprendre à le contrôler. Lors des cours de préparation à la naissance, elle apprend à relâcher les muscles du périnée, afin d’éviter toute lésion lors de l’accouchement.

Au cours de la visite post-natale, qui a lieu 6 semaines après la naissance, le médecin évalue l’état de la musculature périnéale. S’il le juge nécessaire, il prescrira une à deux séances de rééducation par semaine. La Sécurité Sociale rembourse à 100 % dix séances, qui sont effectuées avec une sage-femme ou avec un kinésithérapeute. La rééducation périnéale doit toujours précéder la rééducation abdominale. C’est pourquoi, dans les premières semaines suivant l’accouchement, il ne faut pas faire de sport provoquant des pressions abdominales, porter des charges lourdes ou même passer l’aspirateur.

Rééducation active ou passive

Toutes les séances devraient débuter par un travail manuel : le toucher vaginal permet d’évaluer et de stimuler chaque faisceau musculaire du périnée. Le but est d’apprendre à contracter son muscle avant un effort afin de pouvoir résister à une pression abdominale. Les exercices effectués consistent à exécuter les contractions des muscles entourant le vagin et surtout le muscle releveur de l’anus. La technique du bio-feedback (rétrocontrôle) permet, au moyen d’une sonde vaginale associée à un signal sonore ou visuel matérialisant la contraction et le relâchement, d’améliorer la prise de conscience de phénomènes auparavant inconscients. Si cette prise de conscience échoue, reste l’électro-stimulation par une sonde vaginale, qui provoque des contractions rythmées.

Lors des dernières séances de rééducation, quand le périnée a retrouvé sa tonicité, un travail abdominal peut enfin être effectué.

Les facteurs de risque à l’accouchement

Tout dépend de l’état du périnée après l’accouchement, plus ou moins mis à mal par la présence ou non de facteurs “de risque”, qui l’abîment beaucoup :

  • Un bébé de plus de 3,7 kg ;
  • Un périmètre crânien supérieur à 35,5 cm ;
  • Une expression abdominale ;
  • L’emploi de forceps ;
  • L’incontinence pendant la grossesse ;
  • Un troisième accouchement.

Trois groupes de femmes

En fonction de ces facteurs de risques, il est désormais possible de classer les femmes en trois groupes :

1er groupe : celles qui ont accouché naturellement et qui n’ont eu aucun de ces facteurs de risque, ou celles ayant eu une césarienne programmée. A la visite post-natale, le gynécologue ou la sage-femme vérifie le périnée et ne constate aucune anomalie. La femme ne se plaint d’aucune fuite urinaire. Pour celles-ci, soit près de 30 % des accouchées, la rééducation est inutile, il suffit de re-tonifier le muscle en faisant régulièrement chez soi les exercices de contraction recommandés ;

2e groupe : les femmes présentant un ou deux facteurs de risques ainsi que quelques signes cliniques de fuites à l’effort, soit près de 40 % des femmes. A la visite post-natale, on constate que les muscles du périnée et /ou du vagin n’ont pas repris leur fonction normale. Cette légère distension peut entraîner une incontinence ou des bruits d’air vaginaux (lors de la gym ou des rapports sexuels). Là, la rééducation est vivement conseillée et efficace, à raison de 15 à 20 séances, deux mois après l’accouchement ;

3e groupe : les femmes (10 à 20 %) ayant cumulé plusieurs facteurs de risque, par exemple un gros bébé avec utilisation de forceps et expression abdominale (lorsque l’on a appuyé sur votre ventre) lors d’un troisième accouchement. Là, le périnée a été fortement endommagé, ce qui provoque soit des bruits d’air vaginaux importants, soit une sensation de pesanteur abdominale associée à un prolapsus (descente d’organes), soit une forte incontinence urinaire. Ces troubles se rééduquent de façon plus spécifique, après une série d’examens particuliers (bilan périnéal, examen radiologique, exploration uro-dynamique et échographie). Il est recommandé de s’adresser à un kinésithérapeute ou une sage-femme spécialisés en pathologie périnéale (ayant donc suivi des formations complémentaires à la prise en charge de cette affection). La rééducation dépasse alors largement les 10 séances classiquement prescrites. On peut aller jusqu’à 30 à 40 séances, étalées sur un an, remboursées par la Sécurité sociale. Et si ces dernières s’avèrent insuffisantes, un traitement chirurgical pourra être proposé.

Source: Doctissimo.fr

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