Grossesse et sexualité
La sexualité durant la grossesse reste une période par définition limitée dans le temps, mais au cours de laquelle il se passe énormément de choses du côté de la future maman mais aussi de celui du futur papa…
Il est important de souligner que sans l’ingrédient magique et principal que constitue l’amour il y a peu de chance que cette période se déroule sans heurts. Une seconde chose essentielle à retenir est qu’il n’existe pas de norme en termes de sexualité et qu’il est donc difficile de donner des conseils.
Malgré tout certaines « tendances » se dessinent et c’est autour de celles-ci que nous pourrons proposer des réflexions.
Tout d’abord au niveau de la maman, les changements vont se succéder sans lui laisser le temps de souffler…
D’un point de vue pratique, les 3 trimestres apportent chacun leurs lots de surprises :
Au premier trimestre, les changements physiques ne sont pas évidents, mais la maman elle se sent nauséeuse et épuisée. Les hormones responsables de la nidation ne l’épargne guère et le pauvre papa ne peut que constater que sa compagne se transforme en marmotte avec parfois des sottes d’humeurs qui lui semblent incompréhensibles.
Le second trimestre apporte souvent un peu de répit au couple : Le ventre n’est pas encore trop proéminent et les partenaires se rapprochent conscients de nouveaux enjeux d’importance dans leur vie de couple.
Au troisième trimestre le ventre devient franchement gênant pour la mobilité de la maman, les rapports sont souvent liés à la peur d’un déclenchement prématuré de l’accouchement et le papa a lui aussi du mal à se situer entre ses désirs et ses craintes.
Pour la maman c’est une sorte de seconde adolescence en accéléré qu’elle subit :
Son corps se modifie presque au jour le jour, et il lui faut intégrer ce schéma corporel au mieux.
Sa sensibilité est exacerbée et elle attend beaucoup de chaleur et d’attentions de la part du papa.
Elle a peur de ne plus être séduisante et dans le même temps tout le relationnel bon et mauvais qu’elle a construit avec ses parents et sa propre mère en particulier lui revient en accéléré, son passage de l’état de jeune femme à celui de mère se fait plus ou moins dans la douleur en fonction de son histoire personnelle.
Pour le papa, passé la fierté que procure l’idée de devenir père, il se trouve lui aussi confronté à ses propres « démons ».
D’abord la jalousie, car il commence à percevoir que ce petit être tient une place énorme dans la tête de sa compagne, et qu’il va bien falloir partager son amoureuse avec son enfant !!!
Ensuite pour certains hommes le nouveau statu de leur compagne peut être difficile à associer avec leur sexualité :
En effet le père peut être gêné de faire l’amour à une femme qui est une « mère en devenir ». De la à faire l’amour à « sa mère » il n’y a qu’un pas dans l’imaginaire de certains hommes qui peut faire l’effet d’une douche froide ! Une sorte de nouvel Œdipe qui peut constituer un vrai blocage dans la sexualité.
Dès la fin du second trimestre le ventre de la maman est une réalité incontournable.
Pour beaucoup d’hommes on retrouve le fantasme de la peur d’être observé par l’enfant durant l’acte sexuel.
Peur inconsciente présente aussi chez la femme et qui n’a aucune réalité car anatomiquement l’enfant n’est jamais en contact avec le sexe de l’homme, et de plus il n’a aucune conscience de la représentation de la sexualité adulte
Enfin, la peur de blesser l’enfant ou de provoquer un accouchement prématuré reste aussi un des blocages les plus courants.
Les peurs du père mais aussi de la mère sont donc une réalité qui trouve son fondement dans la psychologie de la personne et aussi dans les croyances conscientes et inconscientes.
Il ne faut pas craindre d’en parler avec son compagnon ou sa compagne, car les deux acteurs ont chacun leurs lot de doutes.
Cette période si particulière dans la vie du couple est une formidable opportunité de dialogue et de réflexions.
Si le couple l’entend de cette oreille il ne peut que ressortir renforcé par cette expérience, qui les conduit au statu de parents dans le respect et l’amour de l’autre.




